Chromigraphie
Chromigraphie développe une approche résolument chromigraphique de l’espace urbain, où la couleur agit comme un outil de construction de l’image autant que comme une présence sensible. Elle explore l’espace urbain comme un langage visuel, composé de lignes, de plans et de couleurs en tension. La ville y est abordée dans sa dimension la plus épurée, débarrassée de tout effet narratif, pour laisser émerger une lecture formelle et silencieuse des lieux. La couleur circule librement au sein de la série, oscillant entre présence affirmée et retenue subtile. Tantôt structurante, elle organise l’image en aplats nets, impose des rythmes et hiérarchise l’espace. Tantôt plus discrète, presque en retrait, elle accompagne les formes sans les dominer, laissant les volumes, les vides et les lignes tracer la composition.
L’humain est systématiquement présent, mais intégré à la géométrie du cadre. Les silhouettes isolées ou figures immobiles deviennent des éléments graphiques à part entière, inscrits dans l’architecture plutôt que mis en scène. Leur présence, constante mais mesurée, introduit une tension entre l’ordre construit et l’expérience sensible de l’espace.
À travers cette approche minimaliste, Chromigraphie propose une réflexion sur notre manière d’habiter la ville contemporaine. Les images ne cherchent pas à raconter, mais à faire ressentir : une coexistence discrète entre formes, couleurs et présences humaines, où chaque élément trouve sa place dans une composition volontairement réduite à l’essentiel.










