La ville à contretemps

Dans La ville à contretemps, l’espace urbain se déploie comme un territoire instable, un espace où les lignes glissent, se dérobent ou se heurtent en silence. Nourrie par les imaginaires et les interrogations de la littérature de science-fiction, cette exploration interroge la place de l’humain dans l’immensité urbaine.

Les silhouettes y apparaissent comme des entitées fragiles, suspendues dans un décor qui les dépasse. Les formes architecturales, les angles abrupts et les ombres qui se dessinent deviennent les véritables repères d’un monde où le temps semble désarticulé. Les espaces s’étirent, se contractent et se brouillent.

À travers ces glissements d’échelle et ces contrastes marqués, émerge un sentiment paradoxal : celui d’une solitude traversant nos sociétés saturées de connexions. On y est constamment atteignable, mais rarement véritablement présent. Le noir et blanc agit alors comme un langage de l’essentiel — il dépouille, simplifie, et fait apparaître cette fracture subtile entre l’individu et la ville qui l’enveloppe. Cette série ouvre une suspension, un léger flottement où le temps semble se défaire, se réaccorder autrement.

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